Le mystérieux rapport entre le contenant et le contenu

Avez-vous déjà remarqué qu’une Leffe n’est jamais aussi délicieuse que lorsqu’elle est servie dans son verre calice ? Que ce soit le fruit de notre subjectivité ou d’une véritable réaction physique, le contenant influence bel et bien le contenu.

Que serait un champagne sans flute? Un vin dans un gobelet en plastique n’est-il pas imbuvable ? Et que dire d’un plat étoilé servi dans une assiette en carton, ou de la saveur particulière des frites lorsqu’elles sont servies en cornet ? Il semble indéniable que le récipient influe sur le goût de ce qu’il contient…











 

L’œuvre de notre subjectivité

D’après une étude menée par l’Université d’Oxford en 2013, la nourriture piquée sur un couteau semble plus salée que si elle est consommée avec une cuillère ou une fourchette. Un aliment paraîtrait également « plus fade » quand il est dégusté dans une cuillère en plastique légère.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ceci est la conséquence de la subjectivité naturelle de notre perception. D’ailleurs, « avant même que la nourriture soit dans notre bouche, notre cerveau a déjà formé un jugement sur elle, ce qui affecte l'ensemble de notre expérience alimentaire » conclut l’enquête britannique.

 

 

Une expérience multi-sensorielle

Et l’ensemble de nos sens est susceptible d’altérer notre jugement. Car aujourd’hui, la façon dont nous percevons ce que nous dégustons constitue ni plus ni moins une expérience multi-sensorielle, impliquant autant le goût et la texture, que l’arôme et la vue.

Nous observons le récipient et nous écoutons le tintement de la bouteille contre celui-ci. Enfin, nous touchons le contenant du bout des doigts et respirons les parfums s’en échappant… Autant d’informations envoyées à notre mémoire et susceptibles, dès lors, d’influencer notre perception gustative. « Suivant la forme d’un objet, le goût de ce qui y est conservé et proposé aux papilles est complètement influencé par les autres sens : la vue, le toucher, et bien entendu l’odorat.

Dès lors, il suffit d’un instant pour que le rapport entre contenu et contenant donne une perception totalement différente à tout aliment ou boisson » confirme Charles Kaisin, le designer à qui l’on doit le somptueux verre Leffe sorti fin août dernier…
 




La suite de cet article la semaine prochaine…

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