Design moderne et tradition ancestrale pour le verre-icône de Leffe signé Charles Kaisin

Design moderne et tradition ancestrale pour le verre-icône de Leffe signé Charles Kaisin Designer multi-facettes (du design d’objets à l’aménagement d’espaces) et multimédia (on lui doit aussi bien des montres branchées que des vêtements de prêt-à-porter, sans oublier les chocolats bien belges), Charles Kaisin a mis son savoir-faire au service de Leffe. Résultat de cette collaboration exceptionnelle: un somptueux verre en édition limitée, qui sera suivi d’une véritable édition collector qui fera bientôt saliver les connaisseurs et autres amateurs du bon goût. Une occasion qui valait bien une rencontre avec cet artiste qui, s’il travaille désormais aux quatre coins du monde, est tombé sous le charme de cette bière au caractère local bien ancré.

On vous connaît surtout à travers vos réalisations. Mais, pourriez-vous aussi nous résumer les débuts de votre parcours ?

Après avoir étudié l’architecture, j’ai travaillé durant un an chez l’architecte Jean Nouvel, à Paris. Avant de continuer mes recherches en design au Royal College de Londres. Dans l’atelier de Ron Araad, à qui on doit, par exemple, la célèbre étagère « Bookworm » en forme de serpent. Ensuite, j’ai enchainé sur une formation complémentaire au Japon, plus précisément à Kyoto. Avant de rentrer à Bruxelles, en tant que professeur cette fois, pour initier le cours de design en 4ème et 5ème, dont je suis aujourd’hui titulaire, dans le cadre de la formation en architecture à Saint-Luc. Mais l’enseignement n’est évidemment pas mon métier premier.

 

Comment définiriez-vous votre métier de base, alors ?

Quel que soit le projet, je réinvente les formes tout en restant fidèle aux valeurs traditionnelles. Et Leffe, avec son mélange d’histoire et son inscription dans le temps présent, était le produit rêvé pour persévérer dans ce mode de fonctionnement. Il m’a semblé important de conserver la forme du calice original de la brasserie Leffe, tout en lui conférant une interprétation contemporaine. Sans oublier la gravure du « L » de Leffe au fond du verre. Qui favorise la nucléation, c’est-à-dire le phénomène qui permet à la mousse de rester plus longtemps en place, ce qui garantit des arômes décuplés. Et soigne, par la même occasion, l’esthétique de la pièce. C’est l’illustration parfaite du rapport étroit entre le design d’un objet et l’utilisation de ce même objet au quotidien. Bref, j’ai suivi une optique où le contenant est aussi essentiel que son contenu.

 

 

Et donc, pourquoi un verre est-il aussi important que le liquide que l’on y verse ?

Suivant la forme d’un objet, le goût de ce qui y est conservé et proposé aux papilles est complètement influencé par les autres sens : la vue, le toucher, et bien entendu l’odorat. Dès lors, il suffit d’un instant pour que le rapport entre contenu et contenant donne une perception totalement différente à tout aliment ou boisson. Si on arrive à équilibrer tous les sens dont je parlais avant, le sentiment de bonheur est immédiat. Pour Leffe, j’ai été étonné de voir la foule de détails apportés à la bière, ce savoir-faire qui aboutit à un produit de qualité et de tradition. Le fait de boire une Leffe dans son verre calice ne constitue pas du tout la même expérience que si je la goûte dans un autre verre. C’est tout un rapport de perception, souvent instinctif et physique, qui se met en place quand on déguste une Leffe dans un verre approprié.
 

Vous retrouverez la seconde partie de cet entretien le mois prochain…

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